Kanta Chechi

Établissement hôte

Université Laval

Organisme subventionnaire

IRSC

Description du projet

La graisse brune, dépensière en énergie, un allié possible contre les maladies du coeur

Il s'avère que le gras n'est pas uniformément nocif. Des chercheurs ont dernièrement découvert qu'en plus de la graisse blanche (tissu adipeux blanc), qui stocke l'énergie et provoque le gain de poids, le corps adulte transporte aussi des restants des réserves de graisse brune calorifique dont les nourrissons ont besoin pour se tenir au chaud. Depuis peu, la graisse brune suscite beaucoup d'intérêt pour sa capacité de brûler les calories et son potentiel thérapeutique contre l'obésité et le diabète de type 2.

Dans une récente étude réalisée au Québec auprès de 33 patients souffrant de coronaropathie, la Dre Kanta Chechi a remarqué la présence de cellules adipeuses brunes dans un dépôt graisseux qui entoure habituellement le cœur (tissu adipeux de l'épicarde). On croyait auparavant que ce dépôt ne contenait que des cellules adipeuses blanches, qui stockent les calories et qui, en trop grande quantité, peuvent augmenter la vulnérabilité aux maladies du cœur.    

La Dre Chechi, stagiaire postdoctorale dans l'équipe du Dr Denis Richard – une des deux seules dans le monde à étudier le lien entre les adipocytes bruns du tissu adipeux de l'épicarde et les maladies du cœur –, a aussi découvert que les cellules adipeuses brunes de ce dépôt pourraient agir sur le métabolisme. L'étude a démontré que la capacité des cellules adipeuses brunes à brûler les graisses était liée à des niveaux élevés de bon cholestérol et peu élevés de triglycérides dans le sang de ces patients.

La Dre Chechi a depuis étendu ses recherches à d'autres patients et à des modèles animaux, afin d'étudier comment la graisse brune entourant le cœur pourrait être utilisée pour réduire la masse et l'inflammation du tissu adipeux de l'épicarde. Elle espère également examiner le potentiel thérapeutique des cellules adipeuses brunes dans la gestion de l'obésité, du diabète et des maladies cardiovasculaires.

« Je suis relativement optimiste quant à l'impact possible de cette recherche », souligne la Dre Chechi. « Si nous parvenons à cibler ces adipocytes à des fins thérapeutiques, ceux-ci pourraient devenir de nouveaux outils de gestion de la coronaropathie chez les humains. »

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